vendredi 17 novembre 2006

L’holovision

Plutôt découragée que les étrangers ne comprennent pas son langage, La Sinayanne tenta quand même par tous les moyens de tirer partie de la rencontre. Elle signifia à l’aîné du groupe de la suivre dans le cockpit, pour lui montrer sa boussole qui tournoyait comme une folle. Par ses gestes elle lui signifia que son Rover se dirigeait vers l’inconnu.

Avec un sourire entendu, l’humain fouilla dans son sac pour en sortir une boussole bien réglée. Il y indiqua de son doigt ce qui devait sans doute être les degrés où se situait leur destination.

Avec grande éloquence, l’étrangère lui signifia sa reconnaissance en louant le ciel. S’inclinant devant l’objet, elle tendit les mains pour le prendre et le déposa sur le tableau de bord avec une grande délicatesse, avant de régler la destination. Le Rover redémarra et le pilote automatique les conduirait à bon port.

Elle ne savait peut-être pas vraiment où elle allait, mais elle allait enfin à quelque part, ce qui n’était pas un moindre profit eut égard à la situation qui était la sienne seulement quelques instants plus tôt.

Mettant la main sur son cœur, elle dit : « Sinayanne »

L’autre comprit et se présenta de même.

Un cri les attira alors dans la cabine derrière. Les enfants avaient trouvé l’holovision et saluaient l’apparition qu’ils avaient provoquée comme un étrange miracle.

C’était des gens de son peuple. Ils avaient la peau bleue et les cheveux gris. Des tatouages blancs s’entortillaient sur une grande partie de la surface visible de leur anatomie. Les Sinayans, le peuple esclave. Ensuite, la silhouette s’efface pour faire place à celle d’un prêtre, plus grand, le derme gris, vêtu de rouge. Une voix atone parlait de la hiérarchie et du rôle des habitants de sa cité. Une noble Ektalvass fit place au hiérophante. Elle était blanche avec des cheveux couleur amande. Ses traits fins et ses yeux bridés témoignaient de son sang pur. Et ensuite les humains, aussi, oui, les humains qu’ils connaissaient parmi eux comme étant des marchands, ou des égarés.

La jeune fille et le garçon regardaient les personnages défiler la bouche grande ouverte de stupéfaction. La demoiselle voulut prendre les commandes et par mégarde fit apparaître une autre image : une explosion de lumière et un vaste nuage d’acide….. L’image disparut. La conductrice l’avait effacé. Elle ne voulait plus revoir le désastre, elle ne souhaitait pas qu’ils connaissent cela de son peuple.

Briac

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