lundi 12 mars 2007

L’idée de Lupka

Seren réfléchissait…. Mon père est dans le cube. Même à supposer que je puisse y entrer, comment le retrouver ? Comment l’emmener ? Et pourtant…

[Seren]- Je ne peux tout simplement pas partir d’ici sans avoir au moins essayé de retrouver mon père et ma sœur.

[Lupka]- Hum, o.k. Moi je suis prête à prendre le risque. Après tout, même si je m’en sort pas, au moins j’aurai tenté de… enfin de faire quelque chose.

[Seren]- Quoi ? De quoi tu parles.

Elle pointa le cube
[Lupka]- De ça. Je t’accompagne, on va rechercher ta famille. Moi, je le connais très bien le cube. Si tes amis ne sont pas infectés, ils seront dans l’aile Sigma.

[Seren, hésitant]- Oui… tu es sûre ? Tu penses qu’on peut avoir une chance.

[Lupka]- Tous les deux tous seuls, juste comme ça ? Non, aucune chance. Mais suis moi, je connais un endroit qui nous aidera peut-être. C’est loin mais de toute façon, c’est pas nécessaire de revenir aux déchets ce soir, je connais d’autres caches.

Lupka semblait inépuisable et courut dans les décombres une partie de la journée, talonnée de près par son compagnon. Sur leur chemin, ils purent trouver des vieilles rations conservées et en firent provision.

[Lupka]- Voilà, c’est ça ?

C’était déjà le milieu de l’après midi lorsqu’ils arrivèrent. Ils ne s’étaient pas vraiment éloignés du cube par contre, mais avaient dû faire de nombreux détours pour le contourner. La mer était maintenant toute proche. Un vague relent de varech chatouillait les narines.

Et « ça » c’était une vieille (sans doute pas si vieille) bâtisse effondrée dont l’enseigne orange et pellée ne tenait que par une extrémité. C’était d’ailleurs impossible d’y lire quoi que ce soit d’intelligible. Un magasin …. Les ruines d’un magasin, mais Lupka ne perdit guère son entrain.

[Lupka]- Allez, suis-moi en dedans. Les monstres n’ont pas pu les utiliser de toute façon. Il en reste sûrement assez en état pour bien nous servir.

Seren enjamba le mur effondré derrière elle.

[Seren]- Mais quoi ? De quoi tu parle ?

[Lupka]- De ça !

Elle désigna d’un geste autour d’elle les cargaisons éparses mais relativement indemnes d’armements, de munitions et de procédés balistiques de toutes sortes qui s’étendaient autour d’eux.

[Seren]- Ouah ! Génial. Avec ça c’est sûr….

Mais il n’alla pas plus loin. Leur entrain fut stoppé par une toux rauque et caverneuse. D’une trappe à leurs pieds se déplia une haute silhouette sombre qui les rejoignit en brandissant un fusil, et non le moindre. Lequel canon se retourna en direction de Lupka pour menacer de s’enfoncer jusqu’à la gâchette dans ses petites narines.

-Et avec quoi tu vas me payer cette fois-ci, vilaine ? Demanda la voix lourde, avec la même chose que pour les jumelles ?

[Lupka]- Euh… ! En fait, je croyais que…. Je… euh !

-Tu croyais que j’étais mort hein ? Un zombie, comme les autres ? Dis-moi Lupka, est-ce que je serais un bon vendeur d’armes si j’avais pas un abris atomique dans mon sous-sol ? Et si je savais pas quand c’est le bon moment d’y entrer ?

[Lupka]- Ouais ben, j’avais pas pensé à ça.

-Bhen moi si, dit-il en relevant définitivement l’arme et en serrant la jeune fille dans ses bras. Il la regarda ensuite.

-Je devrais pas être content de te voir toi, tu viens toujours me chipper des trucs. Mais là t’es la seule personne vivante que je vois depuis le début de toute cette merde. Et là, c’est ton copain ? Bon, alors qu’est-ce que vous mijotez comme trucs vous deux ?

Lupka et Seren, heureux de s’être enfin trouvé un allié, lui racontèrent toute l’histoire pendant que le vendeur d’arme, disant s’appeler Gorki, huilait son fusil en mâchonnant un cure-dent.

[Gorki]- Bhen alors c’est pour ça que vous avez décidés de venir voir Gorki, pour lui piquer ses armes, aller tuer tous le monde dans le cube, rechercher son papa et ensuite s’enfuir en bateau.

Lupka et Seren acquiescèrent en hésitant devant le manque d’enthousiasme du mercenaire.

[Gorki]- Bon, o.k., je vous donne tous ce que vous pourrez porter comme armes à une condition, que je vienne avec vous.

Briac

mardi 6 mars 2007

Les révoltés de l’aile Sigma

Ça sent la révolte dans l’aile Sigma. Le chant de Minaïa semble avoir fait réaliser à ses pensionnaires, des Fantangiens pour la plupart, que leur sort n’est pas plus enviable que celui des autres ailes…

[Kelogg Macadam]- Oui, on est en sécurité ici, mais est-ce qu’on est vraiment libre ?

[Kustrian Beton]- Tu blagues ? On n’est pas en sécurité ici ! Pour chaque nouvel arrivant, y en a deux qui disparaissent ! Pas vrai LeCaissier ?

[Jeacq LeCaissier]- Vous voulez que je vous dise ? Personne ici n’est libre ni en sécurité ! Quand ils viennent vous chercher, ils vous prennent et ils vous injectent leurs trucs et vous crevez ! C’est pour ça que les autres ne sont jamais revenus !

[Kustrian Beton]- Ou vous crevez pas, et alors là, c’est pire…

[Kelogg Macadam]- Ouais, ouais, j’l’es connais les histoires qu’y racontent sur ce qui arrive aux pensionnaires de l’aile Sigma. Qu’importe si c’est vrai ou pas, ce qui est vrai c’est que je vais sortir d’ici maintenant !

[Kustrian Beton]- Eh ! Macadam ! Attends-moi ! Je viens avec toi !

[Jeacq LeCaissier]- Mais… mais attendez ! Ils faut en parler aux autres ! Et puis, comment on va faire pour franchir la porte ? Attirer le garde à l’intérieur ?

[Kelogg Macadam]- Écoute, LeCaissier, j’ai bien aimé la chanson de la fillette et maintenant j’ai plus envie de rester ici, tu comprends-ca ? EST-CE QUE VOUS COMPRENEZ-TOUS ÇA, VOUS, LES « PENSIONNAIRES » DE L’AILE SIGMA ? J’AI PLUS ENVIE DE RESTER ICI !! ON N’EST PAS DES COBAYES ! PARTONS D’ICI ! C’EST ÇA OU LA MORT !

[Minaïa]- Moi aussi je veux partir d’ici !

Un brouhaha d’approbation se fit peu à peu sentir, pendant lequel Minaïa fit connaissance avec Kelogg, qui lui présenta aussi Kustrian et Jeacq. Les trois se sont fait capturer dans les environs et connaissent bien le coin. Les autres pensionnaires sont d’origines plus diverses, mais parlent tous le langage commun. Ici, c’est un village dans une boite, sauf qu’il n’y a pas de maire ou de technogestionnaire. À la place, il y a celui qui parle plus fort que les autres. Et celui qui parle le plus fort est le chef.

Ironiquement, juste comme Kelogg termina son exposé sur la politique interne de l’aile Sigma, le chef s’interposa.

[le chef]- MACADAM ! CESSE DE TROUBLER LA PAIX ! PERSONNE NE SORTIRA D’ICI PARCE QUE PERSONNE NE POURRA OUVRIR LA PORTE !

Doublement ironiquement, à peine le chef venait-il de terminer son avertissement haut en décibels qu’on entendit le bruit du loquet de la porte. Tout le monde retint son souffle un instant, puis la porte s’ouvrit et un docteur entra, puis un autre. Ils enlevèrent leur masque. Personne ne comprenait trop ce que ça signifiait, lorsqu’on entendit, à travers la foule, « Papa !!!! ». C’etait Baaren et la Sinayanne !

Décidément, ça sent la révolte dans l’aile Sigma !

Arka

samedi 3 mars 2007

Le tétragramme du cube


Baaren et la Sinayanne, vêtus des oripeaux de technophantes qu’ils venaient de ramasser, erraient dans les couloirs en faisant doucement semblant de ne pas y être. Ils devaient bien s’y rendre à l’évidence, le Cube était un véritable labyrinthe. Comment y retrouver l’aile Sigma ? La Sinayanne était inconsciente lorsqu’on l’avait emmenée, elle n’avait donc aucune idée du chemin à emprunter. Et, selon toute évidence, les souvenirs de Baaren étaient confus aussi mais…

[Baaren]- Je sens son odeur. Elle est par là bas.

[Sinayanne]- Tu…. Vraiment ?

[Baaren]- Oui. Ce n’était pas comme ça avant mais maintenant oui. Chut ! On vient. Ne parle pas, on te reconnaîtra.

Deux silhouettes empressées, semblables à eux, les croisèrent dans les corridors en gesticulant.

[Les docteurs]– Qu’est-ce que vous faites là ? On vous cherche partout. La cérémonie d’initiation a déjà commencée. Allez, venez.

Ne trouvant pas de mots pour se défiler, ils se laissèrent entraîner par les autres, se disant qu’ils leurs fausseraient compagnie au premier moment venu.

Les deux docteurs s’engouffrèrent dans une porte attenante mais lorsque notre duo fit mine de les suivre, ils furent refoulés.

[Docteur]- Non, prenez votre loge là-bas mais qu’est-ce qui vous prend ? La nôtre est déjà pleine allez. Si vous voulez voir Chloryx, ce sera pour une prochaine fois.

Baaren haussa les épaules et s’en retourna dans la direction indiquée. À ce moment là, ils auraient pu continuer leur chemin à la recherche de la progéniture perdue. Mais la tentation était trop forte. Ils se consultèrent du regard et se décidèrent à franchir le pas, mal leur en prit.

Ils se trouvaient donc sur un petit balcon. Par chance, ils en étaient les seuls occupants. À leurs pieds, une immense salle remplit d’ombres masquées avec en son milieu, une estrade circulaire. Un homme au visage vide s’y trouvait, levant les bras au ciel en formulant des imprécations auxquelles la foule répondait par un dictat monotone. Dans le centre de l’étoile formée par les pans de la tribune se trouvait une femme nue qui semblait plongée dans l’extase.

À un signe du célébrant, les fervents se mirent à scander un slogan de plus en plus fort et de plus en plus vite. L’obscure résonance qui en résultat s’immisçait entre chacune des fibres du cerveau pour les faire vibrer à un rythme assourdissant. Juste comme la Sinayanne avait l’impression que son crâne exploserait, le prêtre officiant se dirigea vers la victime, plongea sa main nue dans son ventre et la ressortie maculée de sang et d’entrailles.

La Sinayanne sentit un liquide chaud sortir de ses oreilles et de son nez. Elle courba la tête et serait tombée par-dessus la rambarde si son ami ne l’avait pas rattrapée.

Ils sortirent précipitamment et Baaren déposa la jeune femme sur le sol, lui enlevant son masque d’un seul geste.

[Baaren] – Je l’ai sentis moi aussi, mais ça ne m’a pas touché.

De sa lourde tunique, il tentait de nettoyer le sang qui maculait le visage de son amie, laquelle pleurait en tremblotant.

[Baaren]- Est-ce que ça va aller ?

[Sinayanne]- Oui, ça va déjà mieux, c’est passé. Il y a vraiment une entité démoniaque parmi eux.

Elle remit son masque et se leva, chancelante.

[Baaren] – Il faut partir au plus vite. Il y a quelque chose de mauvais ici, et « il » sait maintenant que nous sommes libres. Il faut profiter que la cérémonie n’est pas encore finit pour filer. Suis-moi, Minaïa est par là.

Briac