jeudi 10 mai 2007

Vieilles amours

À nos millions de lecteurs,

Briac et moi poursuivons désormais nos histoires sur le forum de discussions Le Royaume sur Globe-Trotter, où nous avons écrit beaucoup d'histoires depuis 1996. Nous mettons donc de côté l'histoire présente et retournons à nos anciennes amours, les histoires fantastiques de châteaux, de chevaliers, et de magie!

lundi 12 mars 2007

L’idée de Lupka

Seren réfléchissait…. Mon père est dans le cube. Même à supposer que je puisse y entrer, comment le retrouver ? Comment l’emmener ? Et pourtant…

[Seren]- Je ne peux tout simplement pas partir d’ici sans avoir au moins essayé de retrouver mon père et ma sœur.

[Lupka]- Hum, o.k. Moi je suis prête à prendre le risque. Après tout, même si je m’en sort pas, au moins j’aurai tenté de… enfin de faire quelque chose.

[Seren]- Quoi ? De quoi tu parles.

Elle pointa le cube
[Lupka]- De ça. Je t’accompagne, on va rechercher ta famille. Moi, je le connais très bien le cube. Si tes amis ne sont pas infectés, ils seront dans l’aile Sigma.

[Seren, hésitant]- Oui… tu es sûre ? Tu penses qu’on peut avoir une chance.

[Lupka]- Tous les deux tous seuls, juste comme ça ? Non, aucune chance. Mais suis moi, je connais un endroit qui nous aidera peut-être. C’est loin mais de toute façon, c’est pas nécessaire de revenir aux déchets ce soir, je connais d’autres caches.

Lupka semblait inépuisable et courut dans les décombres une partie de la journée, talonnée de près par son compagnon. Sur leur chemin, ils purent trouver des vieilles rations conservées et en firent provision.

[Lupka]- Voilà, c’est ça ?

C’était déjà le milieu de l’après midi lorsqu’ils arrivèrent. Ils ne s’étaient pas vraiment éloignés du cube par contre, mais avaient dû faire de nombreux détours pour le contourner. La mer était maintenant toute proche. Un vague relent de varech chatouillait les narines.

Et « ça » c’était une vieille (sans doute pas si vieille) bâtisse effondrée dont l’enseigne orange et pellée ne tenait que par une extrémité. C’était d’ailleurs impossible d’y lire quoi que ce soit d’intelligible. Un magasin …. Les ruines d’un magasin, mais Lupka ne perdit guère son entrain.

[Lupka]- Allez, suis-moi en dedans. Les monstres n’ont pas pu les utiliser de toute façon. Il en reste sûrement assez en état pour bien nous servir.

Seren enjamba le mur effondré derrière elle.

[Seren]- Mais quoi ? De quoi tu parle ?

[Lupka]- De ça !

Elle désigna d’un geste autour d’elle les cargaisons éparses mais relativement indemnes d’armements, de munitions et de procédés balistiques de toutes sortes qui s’étendaient autour d’eux.

[Seren]- Ouah ! Génial. Avec ça c’est sûr….

Mais il n’alla pas plus loin. Leur entrain fut stoppé par une toux rauque et caverneuse. D’une trappe à leurs pieds se déplia une haute silhouette sombre qui les rejoignit en brandissant un fusil, et non le moindre. Lequel canon se retourna en direction de Lupka pour menacer de s’enfoncer jusqu’à la gâchette dans ses petites narines.

-Et avec quoi tu vas me payer cette fois-ci, vilaine ? Demanda la voix lourde, avec la même chose que pour les jumelles ?

[Lupka]- Euh… ! En fait, je croyais que…. Je… euh !

-Tu croyais que j’étais mort hein ? Un zombie, comme les autres ? Dis-moi Lupka, est-ce que je serais un bon vendeur d’armes si j’avais pas un abris atomique dans mon sous-sol ? Et si je savais pas quand c’est le bon moment d’y entrer ?

[Lupka]- Ouais ben, j’avais pas pensé à ça.

-Bhen moi si, dit-il en relevant définitivement l’arme et en serrant la jeune fille dans ses bras. Il la regarda ensuite.

-Je devrais pas être content de te voir toi, tu viens toujours me chipper des trucs. Mais là t’es la seule personne vivante que je vois depuis le début de toute cette merde. Et là, c’est ton copain ? Bon, alors qu’est-ce que vous mijotez comme trucs vous deux ?

Lupka et Seren, heureux de s’être enfin trouvé un allié, lui racontèrent toute l’histoire pendant que le vendeur d’arme, disant s’appeler Gorki, huilait son fusil en mâchonnant un cure-dent.

[Gorki]- Bhen alors c’est pour ça que vous avez décidés de venir voir Gorki, pour lui piquer ses armes, aller tuer tous le monde dans le cube, rechercher son papa et ensuite s’enfuir en bateau.

Lupka et Seren acquiescèrent en hésitant devant le manque d’enthousiasme du mercenaire.

[Gorki]- Bon, o.k., je vous donne tous ce que vous pourrez porter comme armes à une condition, que je vienne avec vous.

Briac

mardi 6 mars 2007

Les révoltés de l’aile Sigma

Ça sent la révolte dans l’aile Sigma. Le chant de Minaïa semble avoir fait réaliser à ses pensionnaires, des Fantangiens pour la plupart, que leur sort n’est pas plus enviable que celui des autres ailes…

[Kelogg Macadam]- Oui, on est en sécurité ici, mais est-ce qu’on est vraiment libre ?

[Kustrian Beton]- Tu blagues ? On n’est pas en sécurité ici ! Pour chaque nouvel arrivant, y en a deux qui disparaissent ! Pas vrai LeCaissier ?

[Jeacq LeCaissier]- Vous voulez que je vous dise ? Personne ici n’est libre ni en sécurité ! Quand ils viennent vous chercher, ils vous prennent et ils vous injectent leurs trucs et vous crevez ! C’est pour ça que les autres ne sont jamais revenus !

[Kustrian Beton]- Ou vous crevez pas, et alors là, c’est pire…

[Kelogg Macadam]- Ouais, ouais, j’l’es connais les histoires qu’y racontent sur ce qui arrive aux pensionnaires de l’aile Sigma. Qu’importe si c’est vrai ou pas, ce qui est vrai c’est que je vais sortir d’ici maintenant !

[Kustrian Beton]- Eh ! Macadam ! Attends-moi ! Je viens avec toi !

[Jeacq LeCaissier]- Mais… mais attendez ! Ils faut en parler aux autres ! Et puis, comment on va faire pour franchir la porte ? Attirer le garde à l’intérieur ?

[Kelogg Macadam]- Écoute, LeCaissier, j’ai bien aimé la chanson de la fillette et maintenant j’ai plus envie de rester ici, tu comprends-ca ? EST-CE QUE VOUS COMPRENEZ-TOUS ÇA, VOUS, LES « PENSIONNAIRES » DE L’AILE SIGMA ? J’AI PLUS ENVIE DE RESTER ICI !! ON N’EST PAS DES COBAYES ! PARTONS D’ICI ! C’EST ÇA OU LA MORT !

[Minaïa]- Moi aussi je veux partir d’ici !

Un brouhaha d’approbation se fit peu à peu sentir, pendant lequel Minaïa fit connaissance avec Kelogg, qui lui présenta aussi Kustrian et Jeacq. Les trois se sont fait capturer dans les environs et connaissent bien le coin. Les autres pensionnaires sont d’origines plus diverses, mais parlent tous le langage commun. Ici, c’est un village dans une boite, sauf qu’il n’y a pas de maire ou de technogestionnaire. À la place, il y a celui qui parle plus fort que les autres. Et celui qui parle le plus fort est le chef.

Ironiquement, juste comme Kelogg termina son exposé sur la politique interne de l’aile Sigma, le chef s’interposa.

[le chef]- MACADAM ! CESSE DE TROUBLER LA PAIX ! PERSONNE NE SORTIRA D’ICI PARCE QUE PERSONNE NE POURRA OUVRIR LA PORTE !

Doublement ironiquement, à peine le chef venait-il de terminer son avertissement haut en décibels qu’on entendit le bruit du loquet de la porte. Tout le monde retint son souffle un instant, puis la porte s’ouvrit et un docteur entra, puis un autre. Ils enlevèrent leur masque. Personne ne comprenait trop ce que ça signifiait, lorsqu’on entendit, à travers la foule, « Papa !!!! ». C’etait Baaren et la Sinayanne !

Décidément, ça sent la révolte dans l’aile Sigma !

Arka

samedi 3 mars 2007

Le tétragramme du cube


Baaren et la Sinayanne, vêtus des oripeaux de technophantes qu’ils venaient de ramasser, erraient dans les couloirs en faisant doucement semblant de ne pas y être. Ils devaient bien s’y rendre à l’évidence, le Cube était un véritable labyrinthe. Comment y retrouver l’aile Sigma ? La Sinayanne était inconsciente lorsqu’on l’avait emmenée, elle n’avait donc aucune idée du chemin à emprunter. Et, selon toute évidence, les souvenirs de Baaren étaient confus aussi mais…

[Baaren]- Je sens son odeur. Elle est par là bas.

[Sinayanne]- Tu…. Vraiment ?

[Baaren]- Oui. Ce n’était pas comme ça avant mais maintenant oui. Chut ! On vient. Ne parle pas, on te reconnaîtra.

Deux silhouettes empressées, semblables à eux, les croisèrent dans les corridors en gesticulant.

[Les docteurs]– Qu’est-ce que vous faites là ? On vous cherche partout. La cérémonie d’initiation a déjà commencée. Allez, venez.

Ne trouvant pas de mots pour se défiler, ils se laissèrent entraîner par les autres, se disant qu’ils leurs fausseraient compagnie au premier moment venu.

Les deux docteurs s’engouffrèrent dans une porte attenante mais lorsque notre duo fit mine de les suivre, ils furent refoulés.

[Docteur]- Non, prenez votre loge là-bas mais qu’est-ce qui vous prend ? La nôtre est déjà pleine allez. Si vous voulez voir Chloryx, ce sera pour une prochaine fois.

Baaren haussa les épaules et s’en retourna dans la direction indiquée. À ce moment là, ils auraient pu continuer leur chemin à la recherche de la progéniture perdue. Mais la tentation était trop forte. Ils se consultèrent du regard et se décidèrent à franchir le pas, mal leur en prit.

Ils se trouvaient donc sur un petit balcon. Par chance, ils en étaient les seuls occupants. À leurs pieds, une immense salle remplit d’ombres masquées avec en son milieu, une estrade circulaire. Un homme au visage vide s’y trouvait, levant les bras au ciel en formulant des imprécations auxquelles la foule répondait par un dictat monotone. Dans le centre de l’étoile formée par les pans de la tribune se trouvait une femme nue qui semblait plongée dans l’extase.

À un signe du célébrant, les fervents se mirent à scander un slogan de plus en plus fort et de plus en plus vite. L’obscure résonance qui en résultat s’immisçait entre chacune des fibres du cerveau pour les faire vibrer à un rythme assourdissant. Juste comme la Sinayanne avait l’impression que son crâne exploserait, le prêtre officiant se dirigea vers la victime, plongea sa main nue dans son ventre et la ressortie maculée de sang et d’entrailles.

La Sinayanne sentit un liquide chaud sortir de ses oreilles et de son nez. Elle courba la tête et serait tombée par-dessus la rambarde si son ami ne l’avait pas rattrapée.

Ils sortirent précipitamment et Baaren déposa la jeune femme sur le sol, lui enlevant son masque d’un seul geste.

[Baaren] – Je l’ai sentis moi aussi, mais ça ne m’a pas touché.

De sa lourde tunique, il tentait de nettoyer le sang qui maculait le visage de son amie, laquelle pleurait en tremblotant.

[Baaren]- Est-ce que ça va aller ?

[Sinayanne]- Oui, ça va déjà mieux, c’est passé. Il y a vraiment une entité démoniaque parmi eux.

Elle remit son masque et se leva, chancelante.

[Baaren] – Il faut partir au plus vite. Il y a quelque chose de mauvais ici, et « il » sait maintenant que nous sommes libres. Il faut profiter que la cérémonie n’est pas encore finit pour filer. Suis-moi, Minaïa est par là.

Briac

mercredi 28 février 2007

Lupka raconte (2)

Dès que le soleil pointa timidement ses premiers rayons au travers le grillage du conteneur à déchet qui les abritaient, Lupka et Seren sortirent à l’extérieur. Une aurore étrange baignait les lieux, comme du sang répandu sur les ruines. Seren frissonna, mais il n’avait pas froid. Il serra sa dague dans son poing en entendant des grattements sourds provenant des combles avoisinants.

[Lupka]- Ne t’inquiète pas. Ils ne sortent jamais durant le jour.

Elle pointa ses lunettes de vue longue portée tout autour d’elle et les resserra ensuite en poussant un long soupir appréciateur.

[Lupka]- Si nous allons dans cette direction aujourd’hui, nous trouverons sûrement de quoi manger.

[Seren]- Mais le Rover est dans cette direction.
Il pointa l’opposé.

[Lupka]- Tu en es sûr ?

[Seren]- Oui, il est au pied d’une haute tour de pierres rouges. Et nous somme passés sous cette arche par là, je m’en souviens.

[Lupka]- La tour dont tu parles, ça ne peut-être que la grande porte nord. On la verra si on grimpe là-dessus.

Tout en cheminant, Lupka reprit le récit qu’elle avait amorcé la veille.

« Cela fait quelques semaines que c’est comme ça ici. Pas tout à fait un cycle. Mais moi je suis sortit du cube depuis presque un an. J’ai pas encore réussis à sortir de la ville pour aller ailleurs. Je me serais fais reprendre aux portes et on ne peut pas passer par-dessus les murs. Du moins, avant on ne pouvait pas. Maintenant, à quoi ça servirait de toute façon ? Pour aller où ? Toi tu viens de loin ? Tu es déjà allé à grande cité ? Est-ce que tu crois que c’est comme ça partout ? Enfin, en tout cas, laisse tomber.

J’ai pas non plus encore réussis à passer clandestine. C’est pas facile. Et on raconte plein d’horreurs à propos de ceux qui se font arrêter. Alors je vis comme ça, un peu partout, un peu n’importe comment. J’ai pas connue ma famille, je sais pas qui ils sont, mais j’essayais de les retrouver quand tout ça c’est arrivé. Des fois, je me demande si je suis pas la seule qui s’en est sortit. Ou les autres sont partis. Mais t’es la première personne que je rencontre.»

Ils étaient enfin parvenus en haut de la colline et pouvaient ainsi avoir une très bonne vue de l’ensemble de la ville. Seren prit conscience qu’elle était beaucoup plus grande qu’il ne l’avait cru. Et au loin, il y avait une mer dont l’horizon se perdait dans l’infinie.

[Seren]- Où ça mène cette mer ?

[Lupka]- Comment veux-tu que je le sache ?

[Seren]- Il y a des bateaux ?

[Lupka]- Mais oui, il y a des bateaux. Tu les vois là bas, tous beaux tous propres, prêts à partir. Tu crois que les monstres peuvent les piloter ? Et toi ?

[Seren]- Non, pas moi. Mon père oui mais, ça ne lui plaira peut-être pas. Par contre ça serait un bon moyen de sortir d’ici.

[Lupka]- Sauf que pour ça, il faut commencer par retrouver ton père.


Briac

lundi 26 février 2007

Les fugitifs

Lorsque Baaren ouvrit les yeux, tout était noir. Évidemment, puisqu'il venait de passer un certain temps dans le monde de l'inconscient, mais aussi parce que la salle où il se trouvait n'était pas éclairée. Peu à peu, il recouvra la vue, ce qui lui permit de distinguer une silhouette recroquevillée sur une chaise à son chevet, la Sinayanne! Libre! Il voulut se lever mais en fut empêché par les sangles qui retenaient ses membres.

[Baaren]- Mon amie! Qu'est-ce qui se passe ? Que t'ont-ils fait ?

Pourvu du diadème de traduction universelle offert par le docteur Blakurst, la Sinayanne comprenait maintenant tout ce que lui disait Baaren. Elle posa gentiment sa main sur le front de Baaren. "Je n'ai rien, et tu es guéri maintenant" semblait-elle vouloir dire.

[Baaren]- Il faut filer d'ici!

Elle acquiesca. Les sangles auxquelles était attaché Baaren étaient extrèmement solides, mais d'un autre côté, elles étaient faciles à enlever pour un docteur. La sinayanne ne se fit donc pas prier pour libérer son ami. Elle songea un instant à appeler le docteur Blakurst, mais se ravisa.

Une fois libéré, les deux comparses empruntèrent le couloir par où ils avaient été emmenés, laissant à leur triste sort les autres "cobayes" de l'aile Gamma.

[Baaren]- Je me rappelle que le trieur a envoyé ma fille dans une aile nommée Sigma. Il faut y aller !

Ça n'était pas si simple. Personne ne connaissait le plan du cube. De plus, ils ne tarderaient sûrement pas à se faire repérer et, à en juger par les acolytes qu'ils avaient rencontrés jusqu'ici (à l'exception peut-être de Blakurst), ces derniers n'hésiteraient certainement pas à les tuer, pour des raisons de sécurité.

On entendit quelqu'un marcher dans le couloir, dans leur direction. Que faire ? Sans réfléchir, la sinayanne entraîna Baaren dans une pièce qui donnait sur le couloir. Dans cette pièce, un docteur semblait faire une expérience sur un cobaye inconscient. Au moment où les deux fugitifs firent irruption dans la pièce, le docteur en échappa son pistolet à injection, bouche bée. Avant qu'il ne puisse pousser un cri, Baaren le saisit à la gorge, poussé par une rage meurtrière inconnue jusqu'ici. La sinayanne s'empressa de ramasser le pistolet à injection et se colla sur le mur près de la porte, guettant toute intrusion. Avant que Baaren n'eut fini d'étrangler le docteur, l'acolyte qui se promenait dans le couloir fit irruption dans la pièce, intrigué par les bruits saccadés qu'il avait entendu. Sa surprise fut telle qu'il ne remarqua pas la sinayanne et cette dernière lui injecta toute la dose contenue dans le pistolet avant qu'il ne s'attaque à Baaren. L'acolyte tomba alors violemment par terre et fut pris de convulsions pendant quelques minutes, avant de pousser son dernier souffle.

La situation devenait maintenant plutôt dramatique. Que faire ? Après un moment de réflexion, les deux fugitifs en vinrent à la conclusion que la meilleure tactique était de prendre la place des deux moribonds en subtilisant leurs vêtements. Les masques qu'ils portent sont un atout pour qui désire passer inaperçu dans cet endroit. Il faut aussi se débarasser des corps... Par chance, la pièce où ils se trouvent compte plusieurs civières libres. On y installa les deux corps et on les y attacha. Avant que les autres ne se rendent compte du subterfuge, peut-être que Baaren et la sinayanne auront le temps de s'enfuir. Mais avant tout, retrouver Minaïa.



Arka

dimanche 11 février 2007

L'aile Sigma

Dans un geste de pudeur, les gardiens lui donnèrent une couverture et quelques guenilles pour qu'elle puisse couvrir sa nudité avant de l'enfermer dans l'aile Sigma avec les autres sujets "sains". Pourtant, ce n'est pas par gêne que Minaïa s'est aussitôt recroquevillée dans le premier coin venu. Non, c'est plutôt la tristesse d'avoir perdu sa famille, à commencer par son frère Seren et, maintenant, son père Baaren à qui on a diagnostiqué la "maladie".

Quoique bien éclairée, cette aile n'en est pas moins angoissante avec tous ces hiéroglyphes gravés sur les murs et tous ces inconnus qui les sillonnent, le regard vide. Il ne s'agit pas d'un endroit où on garde les gens en quarantaine puisque tous ceux qui s'y trouvent ont passé avec succès le "sondage", pénible épreuve qui a résulté en la séparation de Baaren et sa fille. Pas besoin d'être devin non plus pour deviner que la majorité des pensionnaires sont des humains qui viennent du coin. On les a probablement "capturés" il y a quelques mois (quelques semaines peut-être?) car à part les voyageurs égarés, Fantangü est maintenant une ville fantôme, peuplée de monstres.

Petite, adorable, frêle, fragile, douce, tous les qualificatifs de ce genre s'appliquaient à merveille à Minaïa, du moins jusqu'à aujourd'hui, car quelque chose allait changer chez elle, dans son être le plus profond. Elle l'ignorait encore lorsqu'un petit garçon âgé d'environ sept ans, lui aussi prisonnier, vint la voir et se mit à lui parler avec une naïveté qui rappela à Minaïa les derniers moments de bonheur passés avec sa mère avant que cette dernière ne quitte définitivement leur famille, il y a de cela environ 10 ans.

Touchée par la candeur du petit bonhomme qui ne réalisait certainement pas la gravité de leur situation, Minaïa offrit de lui chanter une berceuse afin qu'il puisse dormir. Elle commença tout doucement, et bientôt son chant réconfortant se fit entendre dans toute l'aile Sigma. Le brouhaha habituel causé par les déplacements incessants des pensionnaires finit par se taire et on entendit plus que le chant merveilleux de sa voix angélique.

Pour Minaïa, la vie ne serait plus jamais la même. Cette mélodie qu'elle chanta de toute son âme marquait la fin de la petite fille fragile qu'elle était jusqu'à ajourd'hui. Maintenant, elle serait forte, aussi forte que son père l'a été. Elle serait impitoyable, aussi impitoyable que ce monde dans lequel elle se trouve. Et elle s'évaderait de cette prison! D'ailleurs, sans le savoir, elle avait gagné la sympathie de tous les pensionnaires, son chant ayant réveillé leurs esprits morts...


Arka

dimanche 4 février 2007

Lupka raconte (1)



[Seren]- On est venu ici à pieds, dit-il pour répondre à la question de Lupka. Du moins, au début. Ensuite, on a rencontré une drôle de femme qui semble venir de l’autre bout du monde et on l’a accompagné dans son appareil. Mais là elle est dans le cube, avec les autre. Et en fait, c’est quoi le cube ?

Lupka baissa la tête et prit un grand respire avant de commencer son récit :

Je suis née comme ça, commença-t-elle en pointant l’œil sur son front. Sauf que mon troisième œil ne voyait rien. Quand j’ai été assez grande, ils m’ont rajouté un implant biomécanique pour me permettre de l’utiliser. Maintenant, grâce à ça, je peux voir dans le noir, et des fois au travers des murs. Mais c’est la seule chose de positif que j’ai à raconter au sujet du cube.

Dans le fond, c’est un habitacle, un endroit où on envoie tout ceux qui naissent mutant ou avec un handicap. Et il y en a beaucoup. Ensuite, on ne ressort jamais du cube. Et là ils font des recherches et des expériences. Je crois qu’ils disent vouloir tenter de rendre l’homme meilleur. De faire un corps humain très fort et invulnérable. Mais tout ce qu’ils ont réussi à fabriquer pour le moment, c’est ça, elle désigna le monde autour d’elle.

On n’est pas sûrs, mais on raconte que la maladie qui a détruit la ville provient du cube.

Moi je crois que c’est vrai.

Les docteurs dans le cube sont vraiment épeurant. Ils portent tous des masques, des armures et des grandes robes pour cacher leurs difformités. Ces appareils qu’ils revêtent sont conçus pour les maintenir en vie. Ils doivent respirer des gaz spéciaux et ils sentent bizarre. Mais les pires, ce sont les prêtres. Eux, ils ont l’air plus normaux que les technophantes, mais ce n’est qu’en façade.

Les acolytes sont des fanatiques. Dans le fond, les deux ordres travaillent ensemble. Mais les docteurs respectent la vie, cela fait partie de leur code. Les prêtres eux, n’ont pas de codes, ils n’adorent que leur dieu et ils ont des pouvoirs….

La jeune fille frissonna et refusa d’en dire plus sur ce sujet pour l’instant.

Elle proposa de dormir un peu car demain, s’ils voulaient manger, ils devraient se lever avec le soleil.

Briac

dimanche 28 janvier 2007

Le réveil

À la gauche de Baaren, dans un lit silencieux, est couchée une pensionnaire qu’il aurait pu reconnaître, si la meute de médecins s’en était écartée un instant pour lui en gratifier la vision. Plongée dans un profond sommeil, elle ignore encore tout de l’intérêt fébrile qu’elle suscite. Tel des rapaces voraces, la flotte de technophantes qui l’entoure ne se scinde rarement, que pour laisser place à de nouveaux acolytes. Et c’est par une de ces brèches furtives que Baaren la voit enfin.

Mais elle l’ignore. Pour trois jours encore elle gardera les yeux clos, alors que Baaren se sent inexorablement sombrer.

Froid…. Non ! Humide. On lui lave le visage avec un linge doux. Elle ouvre brusquement les yeux, veut tasser le linge de son visage mais ses bras sont entravés.

[Sinayanne]- Non, arrêtez ! Laissez-moi sortir !

Elle se tait, horrifiée. Son regard lui révèle une intimidante silhouette masquée qui repose calmement le mouchoir de tissus imbibé dans un bol d’eau étincelant.

Il lui parle, mais elle ne comprend rien. Il fait un mouvement de côté, révélant un diadème pourvu d’oreillettes qu’il lui pose sur la tête. Tout ce qu’on lui dit par la suite devient clair. Il vient de la coiffer d’un traducteur universel.

[Le docteur]- Tu n’es pas dangereuse, ni contagieuse. Si tu me promets de rester calme, je peux te détacher.

Elle acquiesce.

[Sinayanne]- Je suis malade ? Qu’est-ce que j’ai ?

[Le docteur]- Non, tu n’es pas malade, seulement très affaiblit par de graves carences. Ton organisme, pour une raison qui nous est inconnue, est immunisé contre le virus. Tu l’as en toi, mais tu as développé une défense qui t’empêche de devenir comme eux.

Ce disant il l’aida à se lever et lui montra l’un de ses compagnons de cellule. La portant à moitié, il l’emmena près du lit voisin.

L’homme était nu sous des couvertures maculées de sang et de sécrétions. Son regard fou ne fixait que le vide. Les muscles de son anatomie, durcis sous le derme parcouru de veines noires, étaient secoués par des crampes d’une obscure vigueur. La sinayanne crut se révulser complètement et s’effondrer sur le sol quand elle reconnu le moribond : Baaren.

Le docteur observait attentivement le visage de la jeune femme.

[Le docteur]- Ah ! Je me doutais bien que ce n’était pas un inconnu pour toi. Mais ne t’inquiète pas, grâce à toi, son malheureux état n’est sans doute que passager.

La sinayanne se laissa lourdement retomber sur une chaise au chevet de son ami.

Le docteur tâtait une poche suspendue au dessus du bras du malade alité, laquelle se vidait diligemment dans une veine brachiale de celui-ci.

[Le docteur]- Tu as de la chance, c’est le premier à qui on injecte le vaccin qu’on a pu synthétiser à l’aide de quelques gouttes de ton sang. Son état s’est déjà grandement amélioré. S’il suit la courbe prévue, ton ami devrait recouvrer une pleine conscience d’ici quelques heures. J’imagine que tu veux rester à ses côtés.

La femme à la peau bleue fit signe que oui.

Le docteur, qu’elle commençait presque à trouver sympathique, fit une petite révérence.

[Le docteur] Je dois vous laisser. Si vous avez besoin de quoi que ce soit (il montra une petite sonnette sur le mur) appuyez là-dessus et demandez le docteur Blakurst.

La Sinayanne regarda longuement les traits convulsés de Baaren. Le temps passa. Les lumières vertes du corridor s’éteignirent. On entendit plus que de loins en loins le bruit des conversations étouffées. Les râles des autres pensionnaires devinrent la seule clameur, s’ébrouant par vagues confuses à la frontière de l’audible. À l’extérieur du cube, la nuit était tombée et avec elle la sinayanne, qui s’était endormit la tête entre les bras sur un coin du matelas de son ami.

Briac

lundi 22 janvier 2007

L'aile Gamma

Le "sondage" s'avéra un véritable supplice. La pire épreuve fut probablement lorsqu'il se mit à pleuvoir un liquide violet et piquant à un point tel qu'il ne tarda pas à faire fondre tous les tissus que portaient les prisonniers, ne laissant intact que les objets métalliques. De toutes façons, ces objets leur furent confisqués lorsque d'autres acolytes vinrent chercher Baaren et sa fille une fois le sondage terminé. Sans même leur laisser le temps de se sécher ou de se couvrir, on les emmena dans une pièce où se trouvait un contrôleur-trieur. c'est-à-dire un acolyte en charge du tri des créatures prisonnières. Mais cela, Baaren et Minaïa l'ignoraient.

[Trieur]- Deux humanos...ils sont rares par les temps qui courent...


[Baaren]- S'il-vous-plaît, monseigneur! Permettez-moi de faire un coup de visiophone! Nous n'avons rien fait de mal et nous cherchons juste à nous en aller! Aidez-nous par pitié! Je dois appeler à Grande-Cité!


[Trieur]- Quel le contaminé soit envoyé dans l'aile Gamma.

Deux gardiens empoignèrent Baaren par les bras.


[Baaren]- Que...Contaminé? Moi? Hé! Lâchez-moi!


[Minaïa]- Papa non!


[Trieur]- Que la saine soit emmenée dans l'aile Sigma.


[Baaren]- Non! Attendez! Vous faites sûrement erreur! Non ne touchez pas à ma fille! Argh!


Un bon coup de bâton dans les côtes fit comprendre à Baaren qu'il ne servait à rien d'argumenter.


Minaïa fut emmenée, comme indiqué par le trieur, dans l'aile Sigma du cube, tandis que Baaren prenait le chemin de l'aile Gamma.


L'aile Sigma est très bien éclairée. Il n'y a cependant rien à voir d'autre que des murs remplis de hiéroglyphes... et d'autres "pensionnaires"... Au contraîre, l'aile Gamma est dans l'obscurité totale car ses "pensionnaires" sont contaminés par un mal étrange dont un symptôme malheureux est que leur chair brûle au contact de la lumière de l'astre et, dans une moindre mesure, au contact de toute lumière. Mais quand on considère le fait que la contamination amène également un état de monstrosité-morbide et un appétit pour la chair fraîche, la possibilité de mourir au contact de la lumière apparaît comme une délivrance!


Dans le noir, pensant à ses enfants perdus, à son propre sort qui n'est pas plus enviable, Baaren sombre peu à peu dans le désespoir... Ses pensées sont également troublées par les cris horribles que pousse un autre prisonnier, attaché dans le lit à sa droite. Pour ce dernier, plus rien à faire: il est dans la phase finale de la contamination et sa conscience l'a quitté depuis hier. Son corps est devenu plus ferme et ses muscles sont animés par une nouvelle force. Il se débattra pendant plusieurs heures avant qu'on entende le bruit de gardiens venant l'achever, du moins c'est ce qu'on pourrait croire...


Quel est le rôle du cube dans cette sois-disant contamination? Les acolytes semblent totalement en contrôle malgré le chaos qui règne à l'extérieur... et ils ont l'air d'en savoir beaucoup sur la catastrophe qui a frappé Fantangü...sans compter qu'ils sont antipathiques au possible!



Arka

La dénommée Lupka



[Jeune fille]- Mon nom c’est Lupka!

Elle était jolie.
Tout s’était passé si vite…..

[Seren]- Moi c’est Seren.

Si elle n’avait pas cet étrange oeil bio-mécanoïde en plein milieu du front, gros comme un œuf…
Elle venait de lui sauver la vie.

[Lupka]- Qu’est-ce que tu faisais ici ?

Il décida qu’elle était jolie tout de même, même avec son drôle d’œil. Mais clairement sous-alimentée et sale… très sale.
Au moment où il avait cru que tout était perdu, une petite main….

[Seren]- Je ne sais pas trop en fait. On était venu ici pour ma sœur.

… Une petite main l’avait tiré par l’arrière. Une main tenace, solide mais délicate.

[Lupka]- Ta sœur ? Et où est-elle maintenant ?

Il avait cru basculer dans un néant sombre, peut-être la mort. Mais la jeune fille avait refermé une lourde porte derrière eux. Les isolant définitivement des monstres qui les poursuivaient. Assise sous une petite fenêtre grillagée, elle ne prêtait aucune attention aux griffes sanglantes qui s’y agrippaient.

[Lupka]- Ne t’inquiète pas pour eux, elle désigna les mutants qui piochaient sur le treillis métallique. Ils finiront par oublier ce qu’ils faisaient là et s’en iront. Ils sont terribles, mais définitivement pas très malins.

Comme pour lui donner raison, la clameur s’étouffa progressivement pour laisser place à des plaintes lointaines.

[Seren]- Ma sœur ? Avec mon père et l’étrangère je crois. Dans le cube sûrement.

[Lupka]- Dans le cube ? Pour eux, j’espère bien que non.

[Seren]- Quoi ? Pourquoi ?

[Lupka]- Tu crois que je préférerais vivre à l’extérieur, dans un conteneur à déchets, si c’était vraiment mieux dans le cube ? C’est là qu’ils m’ont fait ça, elle pointa l’œil qui s’ouvrait dans le milieu de son front.

[Seren]- Quoi ? Alors qu’est-ce qu’on fait ?

[Lupka]- Comment vous êtes venus ici, à pieds ? D’où vous venez ?

Briac

samedi 6 janvier 2007

Réminiscence



Froid, frrroooid… C’était la sensation du carrelage sur sa joue, depuis que Baaren lui avait enlevé son voile. Elle lui en était reconnaissante, elle pouvait maintenant mieux respirer. Si seulement elle avait la force de lui dire merci, ou au moins d’ouvrir les yeux pour voir cet endroit, cette étrange salle noire d’abonyx. Non, lutter contre l’évanouissement lui prenait toutes ses forces. Et pourtant…. Elle sentait une sourde chaleur irradier dans ses membres. C’était le sceau de détection interne qui la marquait d’un nimbe rouge, signifiant ainsi qu’elle était aux derniers retranchements de ses défenses immunitaires avant d’être irrémédiablement contaminée. Mais cela, elle l’ignorait.

Elle entendit les pas de ses compagnons s’éloigner. Noooon ! non ! Restez ! Ne me laissez pas seule !

Ensuite des semelles métalliques battirent le sol jusqu’à elle. Des mains vigoureuses, gantées d’acier et revêtue d’un ample vêtement qui ne produisait pas un bruit naturel en chuintant, la saisirent et la relevèrent. Elle sentit un souffle sur son visage, une main dure tâtait sa peau. Des mots prononcés, incompréhensibles… une odeur… elle tomba. Tomba longtemps, tomba lentement et se réveilla…

Dans la maison de ses maîtres, les dortoirs étaient confortables, l’usine était bien surveillée, la nourriture était équitable. Elle aurait pu tomber plus mal, elle le savait. Mais elle aurait aussi pu naître noble, ou prêtresse du vide. Non, rien de tout cela, elle était esclave, le matricule 606-KV. Mais ce n’était pas son vrai nom, son nom secret. Celui que son peuple lui avait donné lors de la cérémonie d’initiation. On lui avait aussi révélé la nature de son don. Elle aurait le pouvoir de survivre et de résister à … à quoi?

Mais je rêve…. Oui, je rêve, je ne suis plus ici. (Elle en prenait conscience)

J’ai besoin d’aide. Mais nul ne pouvait l’aider. Ils ne la voyaient pas.

Elle revit ce jour. Le matin où l’explosion barbouilla le ciel de rouge en pleurant un orage de sang, semant le chaos et la désolation. Elle restait debout, sans douleur autre que le désespoir. Tout se détraqua avec l’essaimage intempestif de l’agent biologique mutagène. Que s’était-il passé ? Des yeux poussaient sur les murs qui, en éclatant, crachaient de l’acide. Les animaux se débattaient sur le sol en proie à tant de souffrance qu’ils en répandaient leurs entrailles tout autour d’eux en retournant leur propre peau comme un gant. Les Sinayans ne se réveillaient pas, ou ceux qui le firent retombèrent bien vites. Quand ils se relevèrent, ils étaient autres.

Elle reprit conscience enfin, voulut se redresser sur son lit mais… non, on l’y avait attachée.

Briac

jeudi 4 janvier 2007

Le sondage


Baaren et Minaïa n’eurent d’autre choix que d’obtempérer et suivre les étrangers, laissant la Sinayanne derrière eux en s'engouffrant dans le sas par lequel les étrangers étaient entrés. Baaren tenta de parler aux deux individus qui les menaient mais rien n'y fit.


Ils arrivèrent dans une pièce plus large. Un des étrangers leur fit signe d'entrer par une petite porte qui s'ouvrit silencieusement.




Baaren se fâcha, refusant d'obtempérer :


[Baaren]- Qu'est-ce que c'est que ça ? Vous ne croyez pas qu'on va faire tout ce que vous dites comme ça sans rien dire? D'abord qui êtes vous ? Qu'est-ce qui va arriver à la femme qui était avec nous ? Dites, vous m'écoutez?


[l'étranger, d'une voix métallique]- Silence ! Nous sommes les gardiens du temple et tu vas bientôt être sondé. Maintenant, entre dans ce sas si tu veux vivre!


[Baaren]- Gardiens du temple ? Donc nous sommes bien dans un temple!


[Minaïa]- Vous savez ce qui se passe dehors? Pourquoi les gens y sont fous?


[gardien]- Silence!


Le gardien poussa vigoureusement Minaïa vers la petite porte (ce à quoi elle répliqua non moins vigoureusement par un "Aïe! Ça va pas non??"). Avant que Baaren ne puisse réagir, l'autre gardien le piqua avec un petit instrument sur lequel était gravé un sceau magique. Baaren stoppa net puis s'écroula lourdement par terre, sonné. On le traîna dans la petite pièce et on l'y abandonna avec Minaïa.


La petite porte se refermât et tout devint noir.


Un petit vrombissement se fit entendre. La salive des deux prionniers commença a avoir un goût métallique. Le vrombissement gagna en intensité. Puis, une lumière bleutée apparut, aveuglant momentanément Baaren et Minaîa. La lumière s'éteignit après quelques secondes, mais le calvaire - ou étais-ce la salvation ? - ne faisait que commencer...