Bienvenue à Fantangü
a Sinayanne était-elle bénie des dieux pour avoir enfin rencontré âme qui vive après avoir erré si longtemps ? Après tout, les trois humains venaient forcément d'un bourg qui n'était pas loin. Le problème, c'est qu'ils avançaient maintenant dans la direction opposée. En fait, le problème leur éclata au visage lorsque le Rover s'arrêta, un jour complet après que les curieux auto-stoppeurs eurent monté à bord. C'était la nuit, froide et sans autre lumière que celle reflétée par les deux lunes et les étoiles lointaines. Tout le monde dormait du mieux qu'il pouvait dans ce véhicule qui était tout sauf un véhicule de plaisance. Minaïa fut la première debout.
- Ouais! On est arrivé!
Seren se réveilla lui aussi, tant bien que mal. Il ne put s'empêcher de décocher une petite flèche à l'endroit du paternel...
- Hum. Ça fait quoi, une journée, qu'on avance dans ce Rover ? Et toi qui disait qu'on arriverait bientôt alors que nous étions à pied! On serait certainement mort avant d'arriver si ce n'avait été de la Sinayanne!
Malgré la remarque de son fils, Baaren esquissa un sourire, ayant enfin le sentiment d'être arrivé à bon port. Tout le monde se réveilla donc d'une humeur assez bonne et se regroupa autour du poste de pilotage.
- "Il fait trop noir! On voit pas Fantangü!" se plaignit Minaïa, regardant par la fenêtre.
La Sinayanne s'approcha et, regardant à l'extérieur, eut une sueur froide... Personne ne le remarqua cependant. Elle se dirigea promptement vers le sas de sortie et l'ouvrit, puis sortit du Rover la première.
Minaïa courrut derrière elle tellement elle avait hâte de voir cette ville où elle pourrait exercer son talent. Sa surprise fut non moins grande que celle des deux autres qui sortirent peu après.
Fantangü, ville prospère, oasis de beauté au milieu du désert, n'était qu'un tas de ruines. Les merveilles architecturales qui faisaient sa réputation n'étaient qu'amas de pierres. Les jardins étaient inexistants. Les murailles qu'on disait impénétrables étaient éventrées de toutes parts.
Heureusement (ou malheureusement), la noirceur de la nuit empêchait le groupe de voir l'ampleur du désastre qui avait frappé cette ville. Qu'était-il arrivé? Depuis quand? Y avait-t-il des survivants? Que faire ? Pour l'instant, la déception empêchait quiconque de se poser ces questions, mais il faudrait bien se les poser et le plus tôt serait le mieux, dans un environnement inhospitalier comme celui-ci...
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