mardi 28 novembre 2006

La vermine







L’esclave s’était lourdement effondrée sur un bloc de pierre, les tempes bourdonnantes. Elle regrettait de plus en plus de ne pas leur avoir montré l’holovision de l’hécatombe de son peuple. Peut-être qu’ils auraient comprit. Ils sauraient maintenant, comme elle, que s’ils n’avaient pas encore croisé âme qui vive, c’était très mauvais signe. Car les habitants de la cité se cachaient de la lumière du soleil. Oui, sûrement, si on soulevait un mur ou qu’on explorait le moindrement les crevasses, on en trouverait un ou deux.

Mais le quatuor était encore incognito parmi eux. Lorsque les autres les trouveraient par contre, même le Rover ne serait pas assez pour les protéger, à supposer qu’il soit assez rapide pour les fuir.

Elle sentit soudainement le regard de ses compagnons s’appesantir sur elle. Pas besoin de comprendre leur langage. Ils se demandaient sûrement s’il valait mieux aller jusqu’au gros cube noir ou revenir. L’idéal aurait été d’aller jusqu’au cube avec le Rover. Mais les rues étaient trop encombrées pour qu’elle puisse y manœuvrer son engin. Ah ! Si seulement elle avait du carburant pour le propulseur, il aurait pu voler….

La petite voulait retourner au Rover, c’était évident. Elle tiraillait dans cette direction. Cependant la sinayanne était de l’avis qu’il vaudrait mieux continuer jusqu’au cube. Comment leur dire que les murs de l’édifice semblaient plus épais, assez pour les protéger. Et que les créatures n’étaient pas suffisamment intelligentes pour ouvrir une poignée de porte. En outre, sans doute s’y cachait-il quelque chose qui allait les renseigner sur la nature du désastre, en plus de la nourriture et aussi, qui sait, peut-être un remède pour elle.

D’un air autoritaire, le plus qu’elle pouvait, elle leur fit signe qu’il fallait aller de l’avant. En chemin, elle pointa un pan de mur effondré. Elle n’était pas l’un de ces êtres, mais elle sentait leur présence. Elle fit signe qu’il fallait le soulever.

Le jeune protesta. L’esclave tapa du pied, les poings sur les hanches et fit mine de soulever la grosse planche de bois toute seule. Conciliant, le père vint l’aider.

Minaïa poussa un cri d’horreur. La paroi rabattue leur révéla en enchevêtrement de plusieurs corps atrocement mutilés. Ceux-ci semblèrent s’éveiller au contact des rayons solaires et poussèrent des plaintes de douleur avant d’être réduit en poussière, crachant du sang par tous leur orifices.

La sinayanne tenta de leur expliquer qu’il y en avait partout de ces gens cachés. Que Lorsque le soleil se cacherait, ils sortiraient et se précipiteraient sur eux pour les … dévorer, les manger, ou les transformer en l’un des leurs. Que la gigantesque boite noire semblait un endroit solide pour se protéger d’eux.

Pâle comme la mort, les trois humains hâtèrent le pas vers l’édifice, en regardant avec angoisse le soleil qui redescendait derrière les ruines.

[Seren] – Hé ! Mais si ça se trouve, elle le savait depuis le début qu’il y avait des morts-vivants ici ? Et comment elle a sut qu’il y en avait sous ce mur ?

[Baaren] – Il y en a probablement sous toutes les pierres ici, ils se cachent comme les insectes. Mais je suis d’accord avec toi, c’est louche. Sauf qu’on va attendre d’être en sécurité avant de se poser d’autres questions.

[Seren] – En sécurité ? Vraiment ? Et qu’est-ce qui nous prouve qu’on est en sécurité avec elle ?

[Baaren] – Premièrement, on a pas le choix. Et deuxièmement… on a pas le choix non plus. Ce qui veut dire, marche donc et tais-toi.

[Minaïa] – Et que mangent-ils ces monstres quand il n’y a pas d’humains ?

[Seren] – Je suis sûr que tu ne veux pas le savoir.

Briac

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